Le rapport du Grand Paris à Paris en grand

Saluons le rapport de Castro pour réintroduire dans la réflexion urbaine l’essentiel, la dimension humaine.

Saluons tout d’abord la mise en avant dans le bilan l’idée simple mais centrale de savoir si les habitants de l’Ile-de-France s’y sentent bien. Et bien ils sont en effet plus de la moitié à vouloir quitter ce territoire.

Saluons ensuite la rupture assumée avec une vision technocratique de l’aménagement fondée sur des concepts plus ou moins nouveaux d’attractivité économique, de mobilité érigée en impératif et entravée, de smart city non maîtrisée, de « politique de la ville » inefficace, de gouvernance institutionnelle complexe et illisible, de métropolisation mondiale « pour y être », de « zonage » qui structurent et  séparent…

Enfin saluons la beauté, le sensible, la poésie mise en avant, sans lesquels il n’y a pas de ville, uniquement une machine à produire, à habiter, à consommer et à exclure. Il n’y a pas de réflexion urbaine qui vaille sans prise en compte de ce que peut ressentir celui qui marche dans une rue, traverse une place, conduit sa voiture à travers le paysage, tout comme celui qui se sent proche ou lointain d’une centralité, qu’il s’agisse du lieu de travail, du bistrot, de la rue animée, de l’école, de la station de RER, celui qui fait le lien ou non entre l’évolution de son environnement et ses représentants élus, se sent appartenir à une collectivité par son travail, sa joie quotidienne partagée.

Qui est, en Ile-de-France, pleinement satisfait de ce qui participe au bien–être ? N’en rabattons-nous pas en se contentant souvent d’être logé et d’avoir un travail (pour ceux dans cette situation).

Il ne revient pas à des processus marchands et financiers non régulés et des montages techniques complexes d’être au cœur de l’aménagement urbain. Ce sont des considérations sur une ville sensible, une ville sociale, une ville culturelle qui doivent être mobilisées en premier lieu.

Si les multiples propositions concrètes peuvent sembler hétéroclites il y a l’essentiel : l’élan que confère les bonnes questions posées pour enclencher un réenchantement de l’île-de-France et de Paris en grand.